Bio (Perso) - version longue : Pour mieux connaître mon parcours, mes expériences, mon univers...
Date de mon arrivée sur la planète Terre. Provenance inconnue. Fait étrange, je choisis la France comme terre d'asile mais des parents vietnamiens à l'accent prononcé comme famille d'accueil. Ma mère (Lê Khac Thanh-Hoai) est musicienne, auteur-compositeur, et mon père (Pham Công Thiên) est un écrivain-philosophe vietnamien de grand renom, ancien doyen de la faculté bouddhique de Vanh-Hanh à Saigon (Viêtnam) et ancien Maître Zen. Mon parrain est Henry Miller, le célèbre écrivain américain, un vieil ami de mon père qu'il a connu quand il faisait ses études en Amérique, à l'université de Yale.
Première frayeur. Je mets les doigts dans la prise d'électricité et prends une première décharge qui fait trembler mon petit corps de bébé dans tous les sens. Mes (quelques) cheveux se dressent sur ma tête. Mon père hurle de terreur et m'attrape brutalement par les jambes pour m'arracher à l'emprise de la prise électrique. Ouf, je suis encore en vie. Plus de peur que de mal. Cette mésaventure, mon père va cependant continuer à me la raconter quasiment chaque année, comme une vieille rengaine : "Lô, tu sais que quand tu avais 6 mois, tu (bla bla bla). Voilà, ce qu'est ta vie... (bla bla bla). Toujours sur le fil. Ah ça, c'est bien toi !" Et voilà comment on conditionne un destin.
Les années dorées. Une enfance agréable à Toulouse, dans le sud de la France. Je grandis dans une ambiance bohème, avec des parents très libres. Ma mère passe son temps à jouer du piano et mon père à écrire ses livres et à enseigner la philosophie à l'université. Très jeune, je développe une certaine sensibilité artistique. Je dessine dès l'âge de tenir un crayon et réalise mon premier story-board à l'âge de 4 ans et demi, en classe maternelle, après avoir assisté pour la première fois à la projection d'un dessin animé sur un écran de cinéma. Première reconnaissance : ce story-board me vaut tous les éloges de la maîtresse qui demande à me faire passer directement en CP. Je saute donc une classe. Une vocation est née. Je continue à dessiner. J'invente toutes sortes d'univers à la Walt Disney, créant des personnages, leur attribuant des noms, imaginant des histoires. J'invente également toutes sortes de jeux de plateaux que je construis moi-même avec des bouts de carton et du papier. Un jour, en pleine crise d'affirmation pré-pubère, je réalise un portrait de moi de la tête aux pieds, grandeur nature (soit 1m30 à cette époque), que j'affiche fièrement sur la porte de ma chambre. Sur ce portrait taille réelle, je porte un sweat-shirt sur lequel est ironiquement écrit en gros : " Monsieur Muscle ", dénomination malheureuse qui deviendra hélas un de mes futurs sobriquets dans toute l'école après que mon soit disant (futur ex-) meilleur ami soit passé chez moi. Objet de toutes les moqueries, je décide finalement de prendre le taureau par les cornes en entamant un programme de musculation tiré d'un ouvrage de l'armée de l'air canadienne. Et miracle, ça marche ! J'entame une croissance vertigineuse et deviens un sportif accompli (ou presque). Mais ma passion demeure le cinéma, rien que le cinéma. Déjà, je regarde un maximum de films, de tous genres, de tous pays, du nanar sidéral aux classiques russes. Je garde encore des souvenirs incroyables des films de western de la "Dernière Séance" que je ne ratais jamais. Mais aussi du Cinéma de Minuit que je regardais avec mon père. Tous les cinémas m'intéressent et très jeune, je me bâtis tout seul une grosse culture cinématographique. A l'époque, mon film préféré est "Chantons sous la pluie" de Stanley Donen et Gene Kelly (mon idole), mes genres préférés : la comédie musicale et les films de cape et d'épée, et mon cinéma préféré : le "cinéma italien", celui des films de Fellini et d'Ettore Scola, pour moi le plus beau cinéma du monde. En parallèle de mon activité de cinéphage en herbe, je continue à dessiner des story-boards et à écrire des scénarios. Pas de doute, quand on me demande ce que je veux faire quand je serai grand, je réponds : CINEASTE !
Les années lycée, à Gif sur Yvette, dans le 91. Venant du sud, je débarque dans un lycée où je ne connais personne. Benoîtement, je me présente aux élections du "Major du lycée", une sorte de super-délégué qui représente tous les élèves auprès de l'administration, des professeurs et des tiers (institutionnels, entreprises, parents d'élèves, etc.). Contre toute attente, je remporte les élections ex aequo avec mon meilleur ami, Vincent. Cet événement va d'une certaine manière changer ma vie. Pendant mes trois ans en tant que "Major", je vais avoir l'opportunité rare de pouvoir donner libre cours à toutes mes idées créatives et les concrétiser. J'invente des concepts, je dessine des affiches, j'organise des manifestations artistiques, culturelles, sportives. Grâce à une caméra Sony que je me fais prêter par mon beau-père, je commence également à filmer et à monter mes propres vidéos. C'est une période extrêmement riche où j'expérimente énormément et me construit rapidement une solide culture artistique. Tous les thèmes que je vais retrouver plus tard dans mes scénarios sont déjà présents en germe dans mes créations de l'époque. C'est aussi la période de mon premier contact avec la télé (participation à l'émission Génies en Herbe) et le monde du show-biz. En 1988, je concours notamment au Grand Prix de France de Raft aux Arcs, à bord du bateau BULL, un des sponsors de l'événement. Logé avec les célébrités invitées à participer à la course, je découvre l'envers du décor, un monde de paillettes et d'image dont la superficialité me rebute au premier abord, malgré quelques belles rencontres. Inconsciemment, cette expérience aura une certaine influence sur mes choix à venir. Après mon bac, alors que je n'ai jamais envisagé autre chose que de faire des études de cinéma, on me confronte brutalement à choisir une autre voie d'orientation, plus sécurisante : faire une prépa Math Sup ou HEC. Je me renseigne sur la FEMIS (la prestigieuse école de cinéma), elle ne prend qu'à Bac+2. En attendant, j'hésite alors entre les beaux-arts et la prépa HEC, le cur ou la raison, le risque ou la sécurité. Finalement, ce sera la prépa HEC, pour rassurer ma mère, et faire ce que tout le monde attend de moi, du moins ce que j'en croyais. Comme beaucoup, je me suis dit, candidement : " Sois raisonnable, remplis tes devoirs de bon fils de famille, satisfais tes parents, obtiens un diplôme qui te garantisse un avenir et avec ce filet de sécurité qui rassure tout le monde, ensuite, vas-y, fonce, fais ce qu'il te plaît, fais du cinéma, fais tes films. Et si ça ne marche pas, avec ton diplôme, tu pourras toujours trouver un job dans une entreprise. D'ailleurs, si tu veux réussir dans le cinéma, ce sera un atout de connaître les affaires, car le cinéma, c'est aussi une industrie ! " Au fond, je pense que je voulais satisfaire mes parents, ma mère surtout... Et c'est ainsi que j'ai laissé échapper mon rêve d'enfance et ce que je considérais comme ma vocation Car une fois un autre chemin pris, je me suis rendu compte qu'il n'est pas facile de revenir sur ses pas C'est à ce moment-là que j'aurais aimé rencontrer un professeur comme Joseph Campbell qui disait à ses élèves : "Obéissez à votre cur et vous suivrez la voie qui vous a été tracée, de toute éternité, et votre vie sera celle qui vous était destinée. Obéissez à votre cur et vous goûterez pleinement et toujours - où que vous soyez - cette vie qui est en vous."
Les années Prépa HEC. Encore des années merveilleuses, où de manière inattendue, je trouve les moyens d'approfondir ma démarche créative. Chassez le naturel, il revient au galop. Malgré une grosse charge de travail, quelque peu inhumaine, je trouve le temps de poursuivre ma recherche cinématographique, coûte que coûte. Sans le dire à personne, je décide de faire de ma prépa HEC, ma préparation personnelle et secrète aux Hautes Etudes de Cinéma (HEC). Installé à Paris, en coloc' avec mon pote Vincent (devenu depuis courtier à la City de Londres), j'écume les salles de cinéma de Paris et rédige minutieusement mon propre carnet de critiques et d'analyses de films. Ouvert à tout, j'étudie tous les genres, tous les styles. Je vois jusqu'à un film par jour, terminant fréquemment la soirée, voire la nuit, au bar de la rue Voltaire, pour des parties de flipper à n'en plus finir. Entre temps, je continue à chercher des idées de films et à griffonner des synopsis. J'entame aussi l'écriture d'un scénario sur l'Apocalypse, une enquête-énigme moderne, sur fond de spiritualité et de religions, un Da Vinci Code avant l'heure, rédigé bien avant l'annonce du crash présumé de la station Mir par Paco Rabanne, annonce qui a depuis rendu risible toute tentative quelle qu'elle soit de parler de la fin du monde. Fait troublant s'il en est, à défaut d'être brûlé par les flammes de l'incendie de fin du monde qui est censé embraser Paris, mon scénario d'Apocalypse (!) a hélas connu le mauvais sort de finir brûlé dans l'incendie de mon petit appartement du 88 rue de la Roquette, incendie qui a tout réduit en cendres : mes cours de Prépa HEC (passe encore) mais surtout mes écrits cinématographiques. Un vrai coup du sort ! J'en suis néanmoins sorti miraculeusement indemne - ce qui est le plus important -, au grand dam des pompiers héroïques qui ont défoncé la porte de l'appartement à coups de hache. Commence alors pour moi une période très mystique où je me dis que rien ne sera plus comme avant ('le syndrome du survivant'), qu'il faut vivre chaque seconde de sa vie le plus profondément possible, en donnant du sens à chacun de ses actes, sans jamais s'attacher à rien. Oui, la vie est précieuse. Oui, incertaine est sa durée. Pourquoi perdre son temps en vaines activités ? Pourquoi accumuler tant de possessions que nous ne pourrons pas emporter avec nous à l'heure de notre mort ? A quoi bon la gloire et la fortune ? Quel est le sens de la vie ? Vivre pour soi ou pour les autres ? Des réponses, je vais aller en chercher dans la lecture des philosophies orientales, dans le taoïsme, l'hindouisme, mais surtout dans le bouddhisme Zen qui agira en moi comme un véritable catalyseur de transformation spirituelle. Je me plonge également dans l'uvre complète de Nietzsche, qui deviendra mon philosophe fétiche, ainsi que dans Hegel (la phénoménologie), dont les théories sur l'Esthétique auront une certaine influence sur mon travail artistique futur. Je vais aussi entreprendre mes propres recherches sur les rêves et l'inconscient, notant nuit après nuit, tous mes rêves, et m'entraînant peu à peu à les contrôler. J'explore aussi l'écriture automatique, chère aux Surréalistes, et m'improvise avec succès Consultant-Analyste d'écriture automatique pour mes camarades de classe prépa en recherche existentielle. Je fonde par la même occasion un cercle de discussion poétique et philosophique que je baptise non sans ironie le PPPD, le Polygone des Pouët-Pouëts Disparus, en hommage au "Cercle des poètes disparus", mon film-culte de l'époque. Je poursuis en parallèle de nombreux projets créatifs clandestins, réalisés pendant les cours, avec la complicité de mes amis dévoués. Une BD satirique qui parodie la vie en classe Prépa voit notamment le jour et est diffusé à travers l'établissement. Je continue également de filmer divers reportages étudiants et réalise de petits court-métrages et des clips vidéo délirants sur fond de musique chinoise. Puis, je passe mes concours et intègre une grande école de commerce. J'ai 20 ans. La vie ne fait que commencer
Les années école de commerce. Bienvenue dans le monde des fous ! Lavage de cerveaux à la chaîne, culte de la performance et de la réussite, obsession du profit et de la rentabilité. Devenez les leaders de demain ! Malgré certains professeurs marginaux et un dirlo charismatique que j'affectionne, je me sens rapidement en décalage avec le discours ambiant, l'idéologie régnante, les ambitions des uns et des autres. Je me sens comme un extra-terrestre, une brebis égarée parmi les loups. Heureusement, je n'étais pas le seul. Issu comme moi d'une autre constellation, c'est-à-dire de nulle part, je rencontre celui qui deviendra mon meilleur ami, mon frère de cur : Amine Belemlih, le gardien de la porte des secrets, le Soufi à la cape magique. Je découvre à travers lui une autre spiritualité, un autre visage de l'Islam, des valeurs profondes et authentiques. Sublime. Une plongée dans le merveilleux qui, par effet miroir, consolidera ma propre démarche spirituelle, celle que je trace dans mon sillon originel, là où s'ancre mes racines familiales et culturelles : le Bouddhisme. Je fais également une autre rencontre humaine qui tient du miracle, celle avec Benjamin, un véritable idéaliste-utopiste comme moi, pas intéressé pour un sou, un chevalier au coeur pur d'une gentillesse et d'une générosité inouïes, le dernier spécimen d'une espèce rare en voie de disparition, un défenseur de la veuve et de l'opprimé qui veut continuer à croire à l'Humain et à la Vie, dans une jungle économique dominée par les loups du Grand Capital. Elève sérieux malgré tout, par acquis de conscience, j'étudie à l'école toutes les matières que l'on me propose, avec une préférence pour la Stratégie et le Marketing dans lequel je choisis de me spécialiser. Je suis aussi les cours de Création d'Entreprise avec l'objectif de créer ma propre société de production à terme, afin de pouvoir produire les films que je réaliserai. Mon objectif est d'apprendre le maximum de mon passage en Ecole de Commerce afin d'acquérir le bagage nécessaire pour gérer commercialement mes propres activités artistiques. C'était mon plan à l'époque, ça ne l'est plus aujourd'hui. Les choses changent. Mes expériences ultérieures en tant que Manager m'ont appris que, quelles que soient ses capacités, on ne peut pas tout faire soi-même. Il faut apprendre à se concentrer sur ce qu'on fait de mieux et surtout, sur ce qu'on aime. C'est une vérité fondamentale ! La fameuse Loi du Focus. Les années école de commerce seront aussi très riches en termes d'activités créatrices et associatives, d'ailleurs vivement encouragées par le système à l'américaine de l'école. Je m'investis dans de nombreuses activités et crée une association de communication, SUP DE COM', qui existe encore. A travers l'association, je crée pour d'autres associations des affiches publicitaires, des logos, des brochures, j'illustre des tee-shirts, des casquettes, des mallettes, je conçois également des story-boards pour des clips de présentation, je monte le projet d'une radio interne et lance un fanzine étudiant "Le mensuel de l'Info", rebaptisé "Sup de Com' & Rages", dont je suis le rédacteur en chef. Avec les membres de mon équipe, j'utilise également le journal pour engager des actions citoyennes visant à lutter contre l'anonymat et la discrimination en milieu étudiant. Et je fais une incursion dans la radio, en devenant journaliste pour l'émission de radio "Les Cobayes" sur Europe 2. Hors association, j'invente au crayon de nouveaux univers visuels que je destine à mes films futurs et je dessine et publie une nouvelle BD d'anticipation : "Mac Fly & the Buns" où il sera encore question de fin du monde (les obsessions ont la vie dure). En parallèle, je poursuis mon auto-éducation cinématographique en filmant tout ce qui bouge et j'organise des soirées de projections chez moi pour faire découvrir le cinéma de Hong-Kong (John Woo, Wong-Kar-Wai, Tsui Hark, Stephen Chow et j'en passe) à tous ceux qui croient que le cinéma s'est arrêté à la Nouvelle Vague. A l'époque (on est en 1993/1994), le cinéma de Hong-Kong était encore loin d'avoir la notoriété et la reconnaissance qu'il a aujourd'hui et je passais un peu pour un fou avec mes films chinois sans queue ni tête. A force de matraquage, j'ai néanmoins réussi à en convertir plus d'un. Pause détente : écoutez un extrait de la B.O. de The Killer de John Woo. Très kitsch. Good, good! Pendant ces années d'école de commerce, à côté de ma passion pour le cinéma, je m'intéresse aussi à la numérologie et à l'astrologie, apprenant rapidement à établir un thème astral et à l'interpréter, ce qui me vaut de devenir malgré moi l'astrologue secret d'un certain nombre d'élèves de l'école. Je fonde également la Mandalalogie©, une nouvelle discipline de développement personnel utilisant les mandalas comme support projectifs. Je m'intéresse aussi au magnétisme et aux méthodes de guérison par imposition des mains sur les chakras. Je pratique quelque temps, avec un certain succès, guérissant de petits maux, puis je décide d'arrêter, pour des questions d'ordre éthique. L'expérience, bien que courte, restera néanmoins enrichissante et j'en garderai un certain attrait pour les médecines parallèles qui transparaîtra d'ailleurs dans plusieurs de mes scénarios, comme une sorte de thème récurrent. Je profite aussi de mes années d'école de commerce pour effectuer plusieurs stages à l'étranger et voyager à travers le monde : Australie, Hong-Kong, Viêtnam Pays où je poursuis en parallèle ma recherche filmique et continue à tourner des vidéos. Ces voyages, je les finance grâce aux 35 000 FF que me rapporte l'obtention du 1er Prix d'un prestigieux concours marketing organisé par la Direction Régionale du Commerce Extérieur, concours que je remporte grâce à un mémoire d'étude sur le Viêtnam (un pays qui apparemment me porte chance, l'avenir le confirmera). A l'étranger, j'apprends à m'adapter à de nouveaux environnements et à travailler au sein d'équipes multiculturelles. J'apprends le business sur le terrain, avec des patrons japonais, chinois, vietnamiens J'acquiers rapidement une vision globale du monde qui nous entoure et de ses divers enjeux, politiques, économiques et sociaux. L'aide au développement devient mon cheval de bataille. Je me prends à rêver de créer une organisation mondiale pour rééquilibrer le partage des richesses entre le Nord et le Sud, organisation que je baptise "Better World". En 1995, je rentre en France pour passer mes examens de fin d'année et j'obtiens mon diplôme, un 'Master in Management', comme on dit.
Les années Viêtnam. Retour aux sources. Après mon diplôme, je reçois des propositions d'emploi en France, mais rien n'y fait, j'ai déjà chopé le virus de l'Asie, pour moi, cela ne fait aucun doute, c'est là et nulle part ailleurs que je veux travailler. En priorité, je souhaite retourner dans mon pays d'origine, le Viêtnam (comme par hasard), et offrir ma formation et mes compétences pour contribuer au développement du pays. Je me dis que mon bagage sera plus utile là-bas qu'en France. Le Viêtnam est encore un pays très pauvre et il y a beaucoup à faire pour reconstruire et développer le pays. De plus, je sais que j'ai la possibilité d'avoir sur place des postes à plus haute responsabilité que ce à quoi je pourrais prétendre en France, en tant que jeune diplômé. Le défi me stimule. Je pars donc à l'aventure et m'installe chez des membres de ma famille restés au Viêtnam (Tata Hiêp et Tonton Cang). Vivant chez l'habitant, dans un quartier pauvre, je me fonds dans le paysage, apprends à vivre simplement, dans la promiscuité, comme un vrai vietnamien. Je renoue avec mes racines, redécouvre la richesse et la profondeur de ma culture d'origine. J'étudie le Feng Shui, la physiognomie (lecture des visages), l'astrologie chinoise, les rites culturels et sociaux, l'histoire vietnamienne. Je passe aussi beaucoup de temps dans les pagodes bouddhistes, au contact d'un bouddhisme vivant, me liant d'amitié avec les moines et étudiant les textes sacrés et les techniques de méditation. De nouvelles idées de scénarios me viennent, le Viêtnam m'inspire, m'émeut et me nourrit. Je rencontre mon grand-oncle, Lê Dinh An, caméraman fameux, qui a travaillé notamment sur "L'amant" de Jean-Jacques Annaud. J'explore le pays, des fins fonds du Mékong à la ville impériale de Huê, dont est issu ma famille maternelle. Des images, des odeurs, des sensations Je vis des expériences intenses, qui remuent tout mon être. Pour la première fois, je me sens asiatique. Le Viêtnam coule dans mes veines Peu à peu, je reconstitue le mystère de mes origines et l'histoire de mes ancêtres. Cette plongée dans mes racines s'accompagne d'une plongée dans le monde du travail, tout aussi passionnante et enrichissante. Je prends part active à plusieurs projets de développement et d'investissement, conduits par des sociétés étrangères implantées au Viêtnam. On me confie des responsabilités importantes pour mon âge, ce qui me permet d'apprendre rapidement les règles du business. Je deviens très vite polyvalent, touchant à tous les aspects du management. Je recrute, je forme, je motive, je supervise, je contrôle, je rajuste, je licencie. Et surtout, j'apprends. Je découvre la face sombre du commerce, le monde des usines, l'exploitation de la main d'uvre infantile, des conditions de travail et d'hygiène parfois désastreuses pour les ouvriers locaux, des discriminations sur le lieu de travail, l'emploi abusif de procédés polluants dans les processus de production, le manque d'éthique de certains dirigeants d'entreprise, sans foi, ni loi. Je croise des escrocs internationaux, changeant d'identité à chaque pays qu'ils visitent. Mais je rencontre aussi des gens passionnants, de vrais aventuriers, des hommes de conviction qui luttent pour plus d'équité et de justice dans la jungle des affaires. L'un deux, un directeur de banque suisse, m'initie au Développement Durable et me fait prendre conscience du rôle que chacun d'entre nous peut jouer, à son niveau, pour contribuer à un monde meilleur.
Les années Business. Retour en France. J'ai 25 ans. Je poursuis ma démarche de développement personnel et mon incursion dans le monde des affaires, sans pour autant arrêter d'écrire, de noter et de développer toutes mes idées de scénario. Je me dis que j'ai le temps. Je laisse mes projets mûrir à leur propre rythme. J'étudie également en autodidacte la 'grammaire du langage filmé' selon le livre de Arijon, une véritable bible pour les réalisateurs débutants et confirmés. J'étudie aussi tous les livres de Making-of de Luc Besson qui livre avec beaucoup de générosité une mine de conseils précieux couvrant toutes les étapes clés de la réalisation cinéma. Absolument unique en son genre. Dans la même période, je découvre les films initiatiques de Jodorowsky qui me marquent beaucoup. Pendant que j'affine mon art, je travaille comme consultant business auprès des directions de multinationales (Fortune 500). J'accompagne leurs stratégies de restructuration, de redéploiement et de reconversion industrielle en France et en Europe. Parmi mes objectifs personnels : participer à sauvegarder le maximum d'emplois dans les zones subissant de plein fouet la désindustrialisation et minimiser les dégâts sociaux et économiques des restructurations. Avec détermination, je me bats pour l'emploi, une lutte qui me tient à cur, une manière de mettre en application mes valeurs personnelles dans mon travail.
Les années Pure Land. Les années les plus riches de ma vie. Je démissionne de mon job de consultant et je crée avec deux de mes meilleurs amis, Amine et Benjamin, la société Pure Land, une structure d'avant-garde souple et réactive, un laboratoire d'idées, d'invention et d'expérimentation d'activités innovantes, explorant les synergies entre le cinéma, la mode, la musique et le web. Pionnière en France dans ses domaines d'activités, la société développe et incube en son sein ou pour des tiers divers projets de création "citoyens", articulés autour des notions de partage et de responsabilité. Une ligne directrice claire : la promotion du Développement Durable, s'accompagne d'une charte éthique rigoureuse (défense de l'enfance, aide au développement, respect des cultures, partage des richesses, financement de projets humanitaires, etc.). Plusieurs départements spécialisés sont créés, dont un département Audiovisuel, où je travaille sur mes propres projets de films et de documentaires, un département Consulting/Coaching, un département Web/Design où je conçois notamment pour le WWF le site de leur campagne de protection des tortues marines en Guyane, et un département Mode où je dessine et lance avec la designer Rafaèle (ma partenaire dans la vie) la première collection de vêtements de mode français entièrement confectionnés à base de matières naturelles 'biologiques', respectueuses de l'environnement et de la santé de l'Homme. Le développement de ce concept novateur aboutira en 2002 à l'ouverture d'un showroom prestige dans le quartier de l'Opéra à Paris ainsi que d'une plate-forme de vente internet. Au niveau audiovisuel, j'interviens, entre autres, en tant que conseil auprès de ADDA (Agence de Développement Durable Appliqué) dans ses divers projets, dont la réalisation du DVD SOS Planet Earth (en vente dans toutes les bonnes Fnac), qui vise à sensibiliser le grand public au Développement Durable à l'occasion du Sommet de la Terre de Johannesburg organisé par les Nations Unies. Je participe également à la réorganisation et à la rationalisation des activités d'une chaîne du satellite et élabore le modèle de développement de la 1ère chaîne de télévision française dédiée au Développement Durable pour le compte d'un groupe financier français. J'accumule à cette occasion une expérience non négligeable du secteur audiovisuel et de tous les aspects qui entourent la création et la production audiovisuelle. Au cours de toutes ces années intenses d'activités au sein de la société Pure Land, j'obtiens la reconnaissance de l'Etat, de la presse, des médias et des professionnels pour la qualité des actions menées et mon sens de l'innovation : lettre d'encouragements de M. Jacques CHIRAC, Président de la République ; Parrainage du Ministère de l'Ecologie et du Développement Durable; Lauréat de la Fondation Jacques Douce récompensant l'esprit d'initiative chez les moins de 30 ans dans le domaine de la communication; Lauréat du Concours Création d'Entreprise Ile-de-France récompensant les projets innovants, créateurs de richesse et de valeur ajoutée; Lauréat des Masters de la Création d'Entreprise sous le haut patronage de M. Jacques CHIRAC, etc. En 2001, je présente mes concepts novateurs à la Sorbonne devant un parterre de journalistes, de chefs d'entreprises et d'étudiants. Et en 2004, je suis distingué par l'Université d'Aahrus (Danemark) comme Lauréat "Innovating Europe", i.e. comme étant un des 10 jeunes entrepreneurs porteurs des idées d'avenir les plus innovantes en Europe, selon une étude et des travaux de recherches portant sur 17 pays européens. Je poursuis en parallèle mes recherches en développement personnel, replongeant dans mes racines, essayant de comprendre mon arbre de famille et mon histoire familiale, grâce à la psychogénéalogie et à la Mandalalogie©. Je m'interroge sur le poids du passé, sur l'héritage de nos ancêtres, sur les secrets de famille, les non-dits, les traumatismes, les schémas de répétition familiale. J'essaie d'identifier mes conditionnements familiaux, ce qui peut entraver en moi ma pleine expression et mon épanouissement. Je m'intéresse aussi aux questions de "Mission de vie", à la notion de vocation. Pourquoi sommes-nous ici ? Quelle est la tâche qui nous est impartie ? Quelle mission devons-nous accomplir ? Quelle est notre place dans l'univers ? "Une personne qui ne trouve pas sa Mission de Vie ne peut pas donner de sens à sa vie. La mission personnelle consiste à trouver sa place dans l'univers et à se sentir utile." Jean Monbourquette
Les années de recentrage. Une transition en marche. Je décide de voler de mes propres ailes. En dépit des accomplissements obtenus, je fais le choix de fermer ma société pour me concentrer uniquement sur mes projets de films et l'écriture de mes scénarios. J'entame également une formation professionnelle complémentaire en Réalisation Cinéma afin d'avoir une double formation Business et Cinéma. Les nombreuses responsabilités administratives et de management qui m'incombaient en tant que chef d'entreprise et les nombreux projets dans lesquels je devais intervenir, notamment dans le Consulting/Coaching, la Mode et dans l'Edition Livres et Multimédia, mobilisaient l'essentiel de mon temps et de mon énergie (le burn-out !), et je n'étais plus disponible pour l'activité qui me tenait le plus à cur : le Cinéma. Un recentrage s'imposait. Je me suis retiré de toutes les activités où j'étais impliqué et me suis refocalisé à 100% dans le développement de mes projets Cinéma. (Encore la fameuse Loi du Focus!) Cela ne fût pas facile car l'arrêt fût brutal, la décision se prit du jour au lendemain, et de nombreuses discussions s'ensuivirent avec mon équipe, mes associés, partenaires et clients. Mais au final, la plupart comprirent mon choix et le respectèrent. Je pense que chaque chose est à sa place et arrive en son heure. Il y a un temps pour tout. J'étais arrivé à une étape de mon évolution où je me sentais mûr pour passer à la vitesse supérieure et tirer le fruit de toutes mes aventures et explorations passées. De ces expériences, j'ai pu tirer de nombreuses satisfactions et j'ai acquis un certain professionalisme et de nombreuses compétences nouvelles qui demeurent en l'occurrence très utiles dans mon travail actuel de réalisateur, notamment dans la gestion de projet et le management-leadership d'équipes. Entre autres, j'ai appris à mener à leur terme des projets complexes, innovants et créatifs, et à manipuler l'argent à sa juste mesure, à connaître sa valeur. J'ai acquis une certaine reconnaissance. J'ai expérimenté le fonctionnement de la presse et des médias et su mener une politique de communication efficace pour défendre mes idées et mes concepts. Surtout, l'entreprenariat a été une formidable aventure humaine, une école de la vie unique au monde, où on apprend à être audacieux, inventifs et endurants face à l'adversité et aux imprévus, où on apprend à prendre des risques mais aussi à prendre des coups et à encaisser, pour mieux rebondir. Et cela, pour moi, cela n'a pas de prix...
Les années Cinéma. Jusqu'au bout du rêve. Immersion totale. Je me replonge dans la trentaine de synopsis que j'ai écris pendant ces dix dernières années et je relis tous les scénarios sur lesquels j'ai travaillé. Je reprends notamment une idée de court-métrage que je développe à son terme : "L'échappée de la lumière blanche" ("Escape from Reality") et je m'isole pour finaliser le scénario d'un long-métrage que je souhaite réaliser comme premier film : "Le Corps Arc-en-ciel" ("The Rainbow Body"), un film fantastique portant sur les relations Corps-Esprit et la vie après la mort. Je développe également le projet d'adaptation d'un chef-d'uvre de la littérature vietnamienne : "L'histoire de Kiêu" du célèbre poète Nguyen Du. Lors d'un passage aux Etats-Unis, à Los Angeles, je tourne une fiction/documentaire dans la communauté Américano-vietnamienne, "Praying With One Heart", et présente mes travaux pour la première fois à des professionnels. Je commence ainsi à réunir autour de moi des talents reconnus (acteurs, directeurs de la photo, assistant-réalisateurs, compositeur, etc.), enthousiasmés par le contenu de mes projets. Je rencontre également des producteurs et me fait introduire dans le milieu. Des relations se nouent, des portes commencent à s'ouvrir. Je sens que tout peut basculer à tout moment. Le milieu du cinéma n'est vraiment pas un milieu comme les autres, il n'y a aucune règles, tout peut arriver, souvent du jour au lendemain. Pour réussir, il me semble qu'il faut avoir une foi inébranlable en soi, en son talent, et persévérer, travailler dur, développer son univers personnel et frapper au maximum de portes, provoquer le destin. L'aventure d'un premier film est homérique à bien des égards. Cela tient parfois du miracle. Il faut être au bon endroit au bon moment, et surtout rencontrer la bonne personne, celle qui croira en vous et saura vous donner votre première chance. Le chemin est ardu et rares sont les élus. Beaucoup de personnes, pensant à mon bien, essaient encore de me dissuader de poursuivre dans la voie que j'ai choisie. De par mon profil atypique et mon parcours original, je pense cependant avoir développé une sensibilité qui m'est propre, un univers bien à moi, une certaine spiritualité, un point de vue personnel, intéressant à exprimer et à partager, artistiquement. J'explore des chemins encore peu fréquentés. Le cinéma est ma passion, mon art et ma vie. Aujourd'hui, je ne peux guère envisager de faire autre chose qu'écrire des histoires et réaliser des films. Des films positifs et optimistes qui contribueront peut-être à apporter à leur niveau un peu plus de bonheur, d'espoir et de sérénité dans ce monde. "Lorsque vous faites ce que vous désirez profondément faire, vous vous placez sur des rails qui vous attendent depuis toujours et vous menez la vie qui doit être la vôtre. A ce moment-là, vous rencontrez des gens qui vivent dans le domaine de votre choix et qui vous ouvrent les portes. C'est pourquoi je dis toujours : "Obéissez à votre coeur sans crainte et les portes s'ouvriront là où vous ignoriez qu'elles existaient." (...) Quand un homme fait ce qu'il désire profondément faire, alors la source de vie jaillit perpétuellement pour étancher sa soif." Joseph Campbell L'histoire
continue à s'écrire
jour après jour. Je vous souhaite de belles aventures humaines, de l'inspiration et du rêve ! Peace be with you, Lô Pham, Paris 2007. lo@lopham.com
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