La Psychogénéalogie :
"Lorsque nous cherchons à découvrir notre véritable moi en pratiquant l'observation profonde, nous nous apercevons que ce que nous avons appelé un "moi" est entièrement constitué de "non-moi". Notre corps et notre esprit ont leurs racines dans la société, dans la nature et dans ceux que nous aimons. En pratiquant l'observation profonde, nous découvrons que nos ancêtres et nos traditions sont toujours en nous. Quand nous acceptons d'être relié, une transformation se produit et notre souffrance commence à se dissoudre. Nous nous apercevons que nous sommes un élément de continuité par rapport à nos ancêtres et aussi une voie de passage pour les générations suivantes." La plénitude de l'instant, Thich Nhat Hanh.
A
l'aide d'un tracé simple sur plusieurs générations,
nous pouvons nous rendre compte que nous ne faisons que reproduire les
schémas des générations de ceux qui nous ont précédés. Par où commencer ou comment se placer soi-même sur l'arbre généalogique? On dessine son arbre généalogique non pas comme le fruit d'une recherche généalogique approfondie mais on travaille sur notre propre arbre généalogique tel que l'on le connaît de mémoire ; précisons qu'il s'agit là d'une mémoire flottante. C'est-à-dire qu'on fait appel à une mémoire plus ou moins verrouillée, mais ne perdons pas de vue que l'inconscient a une excellente mémoire ! Dans une première phase, il s'agit donc de dresser sa carte biographique. C'est notre épine dorsale sous forme de description graphique des divers liens biologiques et légaux qui unissent les différents membres de notre famille entre eux. Nous découvrons là le code de base de notre histoire familiale par le génosociogramme qui est en fait notre carte familiale que l'on décrypte sous forme de grille de lecture. La deuxième phase consiste à recueillir les informations de façon imagée, on pourrait dire que "l'on descend de son arbre pour explorer la forêt". Considérons la quête des aïeux comme un véritable jeu de piste qui nous fait voyager dans l'espace et dans le temps, un vrai poème à la Prévert que notre arbre généalogique ! Pratiquement, il s'agit tout d'abord d'interroger tous les membres de notre famille, car leur mémoire, même défaillante, nous fournit les premières pistes, complétées par les vieux papiers et les livrets de famille, la visite des cimetières (qui n'a rien de morbide ici), les vieilles photos jaunies par le temps Et par la suite, nous sommes en mesure d'aborder l'histoire contextuelle, l'environnement social, économique, culturel dans lequel s'inscrit notre famille. La troisième phase consiste à délimiter les relations sociométriques familiales, une manière "d'habiller l'arbre et de repérer les branches mortes". C'est dans cette phase que nous établissons les relations affectives entre les membres de la famille : aussi bien les affinités, les attirances, que les répulsions, les haines qui constituent une source intarissable de renseignements généraux. L'évocation de conflits accrochés sur l'une des branches de l'arbre peut expliquer tout ou partie de la problématique actuelle en verbalisant des mémoires somatiques ou psychosomatiques inexpliquées jusqu'à présent. Décoder les données : Il
s'agit de savoir se placer soi-même dans son arbre généalogique.
Précisons tout d'abord que même si les recherches ne sont
ni simples ni aisées, la plupart de nos blocages généalogiques
trouvent des solutions. Et n'oublions pas que la nature des messages est
d'origine inconsciente. C'est-à-dire que les individus porteurs
de ces messages se débattent dans la vie comme s'ils se battaient
contre des événements réels alors qu'ils sont empêtrés
dans les fils d'une histoire familiale qui les transcende et les dépasse
car l'origine de ces conflits leur échappe. Quelques thèmes récurrents : >
Les identifications des répétitions intergénérationnelles
et transgénérationnelles, comme les pathologies d'échec
et névroses de classe : on peut par exemple, se refuser les diplômes
qui ne sont pas dans la famille, d'où l'apparition du syndrome
de l'échec. > La survivance de défunts qui symbolise les deuils qui n'ont pas été faits, jusqu'à ce qu'une personne les remette en cause pour la lignée et débloque les processus de ces deuils inachevés. On en repère deux types : -
Les disparus, qui constituent une source d'angoisse sans nom, capables
de contaminer plusieurs générations. Lors d'un stage, une
des participantes souffrait depuis plusieurs années de crises d'asthme
que même la "ventoline" n'arrivait que difficilement à
neutraliser. -
Les suicidés eux, sont le produit d'une vaste opération
de camouflage car, ne l'oublions pas, ils ont été condamnés
par l'Eglise et privés de sépulture religieuse jusqu'en
1983. >
La loi des coïncidences (dates de naissance, mariages, décès,
cycles de vie, alliances), elle rejoint le concept de la loi des synchronicités
développée par Anne Ancelin-Schutzenberger selon laquelle
on ne peut pas tricher avec les dates : notre cerveau s'auto-programme
et nous restitue régulièrement la lecture de certains faits
et à notre insu. On pourrait dire que la loi des nombres dépasse
ici les lois de la logique rationnelle mais joue à plein dans les
transmissions invisibles. > Tout aussi signifiant, le principe de loyauté développé par le psychiatre américain d'origine hongroise Ivan Boszormenyi-Nagy : il a constaté que dans certaines familles il existe une sorte de registre virtuel où sont consignés les débits et les crédits transgénérationnels, une sorte de registre des comptes familiaux sur plusieurs générations où, à un moment donné, un descendant est chargé inconsciemment de régler la note et de tout remettre à zéro. "Un garçon ratait systématiquement ses examens et en travaillant sur son génosociogramme, il a découvert qu'un de ses arrières-grands-pères avait été renvoyé chez lui à la veille du bac parce qu'il avait mis la bonne enceinte et les descendants payaient la dette depuis un siècle." On peut donc brillamment échouer et pendant longtemps tant qu'on ne sait pas ! > Dans cette présentation, on ne peut faire l'impasse des secrets de famille. Toutes les familles ont leur légende, toutes les familles ont leurs secrets (on pourrait presque dire que les ignorer reviendrait à créer des arbres généalogiques sans racine), mais ces silences sont parfois tellement bruyants qu'ils nous condamnent à briser ces lois et, lorsque les mystères se révèlent, tout notre monde de l'enfance s'écroule. On
pourrait classer les secrets de famille en trois rubriques principales
: les liens familiaux, la gamme des crimes et des condamnations pénitentiaires
ou judiciaires et les incestes. >
Quant à l'enfant réparateur, il porte généralement
une charge qui ne lui appartient pas. Mémoire
et oubli : En ce qui concerne la mise en pratique, l'arbre généalogique classique mentionne les noms, prénoms, dates de naissance, de mariage, de décès de tous les membres de la famille alors que le génosociogramme intègre d'autres paramètres tels que dates de conception, la place dans la fratrie, les avortements, les fausses couches, les maladies, les événements d'ordre sexuel comme les violences, les attouchements, les incestes, les infidélités, l'homosexualité Traiter de ce thème, c'est inévitablement aborder la notion de mémoire, pourquoi ? Parce que la mémoire est partout : on en parle beaucoup aujourd'hui sous forme de mémoire cellulaire ou génétique, de mémoire familiale, de mémoire affective culturelle, historique Bref,
la mémoire constitue un héritage dont nous disposons
pour répéter une information et, de ce fait, nous devenons
en quelque sorte un lieu de mémoire. Par ailleurs, indissociable
de la vérité, sa transmission ne va pas de soi, elle suppose
d'une part une volonté d'aller au-delà de toutes
les rancurs, de toutes les déformations, de nos contradictions.
Elle suppose également un désir de connaître pour
comprendre, pour accepter, pour dépasser, voire pour évoluer. Dans le cadre de cette présentation, deux formes de mémoire s'articulent autour de la démarche psychogénéalogique : d'une part, la mémoire corporelle qui constitue un lieu de rencontre de toute notre histoire. A la fois instrument et langage, on peut demander à son corps de raconter sa propre histoire car il a une mémoire qui garde trace de toutes les expériences comme un puits garde l'eau ; nous pouvons donc disposer de notre corps comme un outil de décodage à travers une maladie chronique, une déformation, un accident répétitif qui véhiculent tout autant de messages afin accéder à une meilleure compréhension de notre fonctionnement individuel et familial. Car c'est à travers tout un réseau d'interactions que notre corps devient le support de notre identité. La mémoire corporelle relève avant tout d'une pratique : il s'agit par l'intermédiaire d'une méthode liée à une approche de son corps (ça peut être la kinésiologie, le yoga, le rolfing, l'eutonie ) d'être dans une attitude d'écoute non plus au niveau de ses pensées mais de son ressenti pour permettre à son corps de dire ce qu'il porte au plus profond et qui est de l'ordre de notre histoire émotionnelle et affective. Et d'autre part, notre mémoire familiale porte et raconte aussi notre histoire, mais par contre, celle-ci est en relation avec notre fratrie, avec notre clan, notre famille plus ou moins élargie (ou plus précisément, les familles recomposées). La mémoire familiale participe à la construction de l'identité personnelle, affective et intime mais aussi sociale de l'individu. Ces deux mémoires se promènent partout de branche en branche sur l'arbre généalogique de la famille mais, attention ! Elles ne se promènent pas n'importe comment car elles ont un programme et un itinéraire précis. Il nous faut ainsi noter que la mémoire fait appel à une notion beaucoup plus large que le rappel, car le souvenir qui constitue en quelque sorte le produit de notre mémoire est toujours interprété. Nous devons nous représenter notre mémoire en tant qu'expression de ce que nous sommes concrètement et le souvenir ne doit pas être désolidarisé de cette existence personnelle dont il porte le témoignage : l'acquisition du souvenir est loin d'être un simple processus mécanique et impersonnel, c'est un acte de la personne qui fixe le passé en fonction de ses exigences, de ses préoccupations de son système de valeurs. La mémoire engage donc toute la personnalité et sa qualité dépend essentiellement du ressort affectif qui l'anime. Si l'on recale cette fonction en psychologie transgénérationnelle, on peut dire qu'elle nous permet de revisiter notre passé pour lui donner un sens, et nous permet de découvrir notre propre continuité. On
commence à comprendre la nécessité de plonger dans
son passé sur le parcours de notre vie. Pour au moins deux
raisons fondamentales : La
mémoire est donc liée à l'interprétation et
son problème c'est l'oubli ou son infidélité. Le
poids du passé : Plus
que Freud ne le pensait au départ, l'héritage familial est
très important, même si notre chemin s'éloigne peu
à peu de nos parents. Nous sommes indiscutablement le produit des
générations qui nous ont précédés :
notre scénario de vie se programme sur plusieurs générations.
Les parents nous transmettent sous forme de repères les bases nécessaires
à notre construction identitaire et nous les recevons forcément
malgré nous. Lorsque l'enfant vient à naître, sa construction
est en chantier depuis longtemps, affirme Boris Cyrulnik, le cerveau du
nouveau-né est déjà bien approvisionné et
le récit de sa vie ne commence manifestement pas au jour zéro
mais il se retrouve sans possibilité ni de tri, ni de discernement
au départ. En fait, nous obéissons tous à une loi : nous agissons pour obtenir et garder l'amour de nos parents et nous reproduisons systématiquement des conduites, des désirs, des idées des sentiments véhiculés par notre famille. Par conséquent, chaque fois que nous parlons avec quelqu'un, on pourrait dire que c'est une quinzaine de personnes, à savoir tous nos ancêtres névrosés (ou plus justement nos ancêtres "normosés"), qui s'expriment au-dessus de nos têtes, sans que nous n'en ayons véritablement conscience : on peut réaliser alors la confusion dans laquelle nous sommes englués. Notre arbre généalogique représente souvent un véritable cauchemar, selon A. Jodorowsky, où se glissent l'inceste, le narcissisme, la haine... les morts sont toujours vivants en nous. Les lois du silence, les règles familiales implicites, les secrets de famille maintiennent cet état de confusion chronique où personne n'a de place et plus personne n'est à sa place. A
l'évidence, nous ne pouvons pas nous débarrasser de tout
ce monde de revenants qui, qu'on le veuille ou non, habite et envahit
souvent nos vies. Et donc, nous réagissons, nous comprenons nous
nous comportons, nous interprétons perpétuellement de la
même façon. Conditionnement sous influence pourrait-on
résumer. Ainsi, tout individu qui n'a pas pris conscience de lui-même
est lié à son entourage par tout un système de projections
inconscientes. Nous libérer : Si
nous entreprenons une démarche et une recherche sur les mécanismes
qui ont construit notre histoire, nous pouvons reconnaître nos chaînes,
nous désenchaîner, ce qui permet d'une part d'évacuer
tout un passé chargé émotionnellement et, d'autre
part, de nous libérer de conduites névrotiques répétitives
et stéréotypées qui entravent notre évolution. L'authentique liberté : A
la question : qui suis-je ? On peut désormais répondre :
je ne suis plus le produit de mes parents, de la société...
La réponse se trouve peut-être dans mon accomplissement personnel. Cette reconstruction peut s'effectuer selon différents registres qui s'inscrivent, dans le cadre de séminaires organisés, sur un mode virtuel : on fait la différence entre ce qui appartient à nos propres problèmes et ce qui appartient à nos aïeux. Mais on ne peut accomplir cette remise en ordre intérieure qu'en guérissant de ses mémoires du passé. La psychogénalogie n'évoque-t-elle pas pour nous la capacité de transmettre ? Et cette capacité de transmettre nous renvoie naturellement à l'aptitude à s'ouvrir à l'autre. Claude
Massol
(Source : Biocontact)
Ancelin
Schützenberger, Anne: "Aïe! mes aïeux!",
1994
- un article sur la psychogénéalogie des prénoms : " Savez-vous pourquoi vos parents ont choisi vos prénoms ? " Interview de Chantal Rialland, psychothérapeute.
Home
- News
- Projets
en cours - Scénarios
- Vidéos
- Casting
- Agent
- Influences
- Citations
- Spiritualité
- Quête
de sens © 2006 - www.lopham.com - Không-Lô Pham - Tous droits réservés - Tous les scénarios, synopsis, concepts et idées contenus dans ce site ont été protégés en France et à l'international. Web Design by Lô Pham. |
|||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
|
|
|||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||