Pham Công Thiên :

Pham Công Thiên (1941-2011) est un écrivain, poète et philosophe vietnamien né le 1er juin 1941 à Mytho, dans le sud du Viêtnam. Ses écrits, plusieurs fois best-sellers au Vietnam, ont fortement influencés toute une génération de vietnamiens dont il est rapidement devenu une des figures emblématiques, redonnant un nouveau souffle littéraire et poétique au pays.

Il grandit dans une famille aisée dans la région du Mékong. Son père dirige une entreprise d'automobiles et sa mère est professeur. Le deuxième de 9 enfants, il se démarque rapidement par son côté rebelle et indépendant. Rejetant toute forme d'éducation classique, il fait l'école buissonnière, préférant flâner dans la nature plutôt que de rester assis sur les bancs de l'école. Autodidacte dans l'âme, il veut découvrir la vie par lui-même et se bâtir ses propres opinions. Déjà, il s'intéresse aux questions existentielles les plus pointues. Rapidement, il se crée tout seul une vaste culture littéraire et philosophique et maîtrise plusieurs langues étrangères. A 16 ans, il publie son premier écrit, un ouvrage sur la linguistique et la phonétique de la langue anglaise. Suivront ensuite de nombreux écrits philosophiques et poétiques, qui lui vaudront la reconnaissance de ses pairs et une notoriété rapide dans tout le pays.

Devenu par la suite moine bouddhiste, il se désintéresse des honneurs et se consacre à l'étude des textes sacrés et à la pratique de la méditation. Bien que dénué de toute ambition et réfractaire à toute étiquette, il devient à moins de 30 ans le plus jeune Doyen de la Faculté Bouddhique de Vanh Hanh (Saïgon) de l'Histoire du pays, occupant ainsi un poste des plus prestigieux. Au sein de l'Université, il enseigne aussi les philosophies orientales, publiant en parallèle de nouveaux écrits, tous best-sellers. Sa réputation traverse rapidement les frontières et les Universités de Yale et de Columbia lui offrent des bourses pour venir étudier au sein de leurs établissements aux Etats-Unis. Il accepte et c'est lors d'un de ses séjours en Amérique qu'il fait la connaissance de Henry Miller, le célèbre écrivain américain, qui deviendra un de ses meilleurs amis et avec qui il échangera une très longue correspondance qui fera l'objet de plusieurs publications.

En 1970, en pleine guerre du Viêtnam, il reçoit l'asile politique en France et redémarre sa vie à partir de rien, dans un pays où il est totalement inconnu. Le Musée de l'Homme exposera pourtant ses œuvres à Paris, mais cela se passera dans l'indifférence générale. Il rompt alors ses vœux de moine et est contraint de mener une vie de laïc pour survivre et réussir son intégration en France. Avec l'appui de Henry Miller, il rencontre de nombreux éditeurs français, parmi les plus importants, mais aucun ne tiendra ses promesses et publiera ses ouvrages. Il devient, par nécessité, gardien de nuit, et accumule les petits boulots, vivant courageusement dans les conditions les plus précaires. Malgré les difficultés matérielles, il fonde une famille avec la musicienne Lê Khac Thanh-Hoai, une de ses anciennes étudiantes qu'il rencontre par hasard à Paris. De leur union naîtront cinq enfants, 4 garçons et une fille.

En 1974, il part avec sa femme et ses enfants s'installer dans le sud de la France à Toulouse, où il réussit à trouver un poste d'enseignant de philosophie à l'Université de Toulouse le Mirail. Il y acquière rapidement une certaine reconnaissance, par sa manière originale d'enseigner la philosophie. Il publie entre temps dans la revue Tribu du poète toulousain Serge Pey une partie de sa correspondance avec Henry Miller.

En 1983, il se voit proposer un poste d'enseignement sur les philosophies orientales, sa spécialité, dans un institut bouddhiste, situé en Californie. Il accepte la proposition et part s'installer aux Etats-Unis dont il deviendra citoyen américain quelques années plus tard.

Depuis, il a continué d'écrire et de publier de nombreux ouvrages sur la littérature, la philosophie et le bouddhisme. Il a donné également des cycles de conférences et d'enseignements pour diverses organisations. En 2000, il a fait l'objet d'une thèse sur son œuvre complète par Nohira Munehiro de l'Université de Tokyo (Japon) qui publiera un livre intitulé "Nouvelle Conscience" sur sa pensée philosophique et qui obtiendra le prestigieux Prix de la Société Japonaise d'Etudes du Sud-Est Asiatique. Ses écrits les plus connus sont d'ailleurs actuellement en cours de traduction japonaise pour une publication future de son oeuvre complète.

Depuis 2005, il s'est installé au Texas dans une maison tranquille près d'un lac où il décèdera le 8 mars 2011 à 18h30.

Site officiel : www.phamcongthien.com

 

Pour plus d'informations ou me contacter à son sujet : pct@lopham.com

P.S. : je cherche actuellement un traducteur vietnamien-français pour ses ouvrages, ainsi qu'un éditeur.


Lectures conseillées :

En anglais :

Henry Miller, David Stephen Calonne, Pham Công Thiên : "The Colossus of Armenia", 1997

En japonais :

Nohira Munehiro : "Martin Heidegger and Zen Buddhism for Pham Công Thiên", 2005

En vietnamien :

Pham Công Thiên : "Y Thuc Moi trong Van Nghê và Triêt Hoc", 1964, 1987
Pham Công Thiên : "Hô Tham cua Tu Tuong", 1966, 1970
Pham Công Thiên : "Im Lang Hô Tham", 1967
Pham Công Thiên, Thich Nhât Hanh, Bui Giang, Tam Ich, Hô Huu Tuong : "Dialogue", 1965

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